Conjoint(e), ami(e), parent, frère ou sœur : quand une personne qu'on aime révèle des violences sexuelles subies dans l'enfance, on veut bien faire et on a peur de mal faire. Cette peur est saine, parce que les mots de l'entourage peuvent réparer ou abîmer. Cette page te donne les repères essentiels.
Si une personne t'a choisi(e) pour dire ce qu'elle n'a peut-être jamais dit à personne, c'est un acte de confiance immense. Ta réaction dans ces premières minutes comptera longtemps. Le principe qui guide tout le reste : croire, accueillir, ne pas presser.
Tu n'as pas besoin d'être parfait(e). Si tu as eu une mauvaise réaction sur le moment, il n'est pas trop tard : revenir vers la personne et dire « j'ai mal réagi, je te crois et je suis là » répare beaucoup.
La reconstruction n'est pas linéaire : il y aura des périodes de mieux, des rechutes, des moments où le passé remonte sans prévenir. Ton rôle n'est pas de réparer, il est d'être là.
Respecte le rythme, même quand il te semble lent, même quand la personne fait des choix que tu ne comprends pas, comme garder le contact avec sa famille ou ne pas porter plainte. Ne définis pas la personne par son histoire : elle est bien plus que ce qui lui est arrivé, et elle a besoin qu'on continue de la voir entière. Ne pousse jamais à la confrontation ni au pardon : ces chemins-là, s'ils existent, lui appartiennent. Et accepte de ne pas tout comprendre : certaines réactions (sursauts, distance soudaine, refus d'un geste affectueux) sont des réflexes du trauma, pas des rejets de toi.
Le meilleur soutien que tu puisses offrir, c'est ta présence, pas une prise en charge. Encourager doucement vers un accompagnement professionnel (sans forcer, sans prendre rendez-vous à sa place sauf si elle ou il le demande), c'est aimer bien. Notre page Trouver de l'aide peut vous servir à deux.
Un enfant qui révèle des violences sexuelles fait un pas immense, et souvent il ne le fait qu'une fois. Ta réaction peut changer le cours de sa vie.
Crois-le, dis-lui qu'il a bien fait de parler et que ce n'est pas sa faute. Reste calme devant lui, même si tout s'effondre en toi : ta panique pourrait lui faire refermer la porte. Ne l'interroge pas en détail et ne lui souffle aucune réponse : les questions précises sont le travail des professionnels formés, et des questions maladroites peuvent fragiliser une future procédure. Note dès que possible ses mots exacts, avec la date. Ne confronte jamais l'agresseur présumé : cela met l'enfant en danger et peut détruire des preuves.
Puis agis vite : appelle le 119 (24h/24, gratuit, invisible sur les factures) qui te guidera sur le signalement, même si l'agresseur est un membre de ta propre famille. Si l'enfant est en danger immédiat, c'est le 17. Tu n'as pas besoin d'avoir des preuves ni d'être certain(e) : un doute sérieux suffit pour alerter, et c'est la loi qui protège celui qui signale de bonne foi.
Accompagner une personne victime remue, épuise, et parfois réveille des choses en toi. Prendre soin de toi n'est pas de l'égoïsme : c'est la condition pour durer.
Être exposé(e) au récit et aux conséquences des violences vécues par une personne qu'on aime, ça marque aussi. Tu as le droit d'être bouleversé(e), en colère, impuissant(e). Tu as le droit d'avoir des limites, et de les dire avec douceur. Et tu as le droit d'être aidé(e) toi aussi : la ligne d'écoute (0 805 802 804) accueille aussi les proches, et en parler à un(e) professionnel(le) pour toi-même n'enlève rien à la personne que tu soutiens. Au contraire : plus tu tiens debout, plus ta présence est solide.
Croire, accueillir, respecter le rythme, et tenir dans la durée sans t'oublier : c'est déjà énorme. Pour tout le reste, les personnes formées sont là.
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